800 000 enfants naissent chaque année en France et 5 à 6% de ces naissances surviennent après un traitement médical (dont un tiers après une fécondation in vitro). Les taux de succès des techniques d'AMP sont de 15 à 20%. Notons que les couples sont moins patients qu'avant puisque la moitié d'entre eux consultent dès la première année d'infécondité. 41% des couples renoncent à poursuivre la procédure après une ou deux tentatives infructueuses.
L'étude rappelle également que l'on compte 200 000 avortements par an en France alors que 90% des femmes en âge de procréer, mais ne désirant pas d'enfants, utilisent un moyen de contraception.
Par ailleurs, le magazine La Vie publie une plaquette d'information baptisée "Droits des malades et fin de vie". La loi Leonetti du 22 avril 2005 y est détaillée et expliquée afin que chacun, professionnels de la santé et patients, puissent se l'approprier.
D'après une enquête du Comité national du développement des soins palliatifs, 75% des médecins ne connaissent pas la loi. Cette ignorance de la loi entraîne des situations dramatiques et La Vie rappelle que la plupart des situations ultra médiatisées ces derniers mois auraient connu une autre issue si elles avaient correctement été prises en charge.
La plaquette rappelle les principes de la loi Leonetti :
- l'acharnement thérapeutique est illégal;
- le malade a le droit de refuser un traitement;
- le médecin doit tout mettre en œuvre pour soulager la douleur;
- chacun peut exprimer par avance ses souhaits pour organiser ses derniers moments.
La plaquette expose ensuite les 10 questions à se poser lorsque l'on est confronté à une situation de fin de vie et explicite les 4 situations envisagées par la loi :
- la personne est consciente mais maintenue artificiellement en vie;.
- la personne est consciente, en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable;
- la personne est inconsciente en état végétatif chronique ;
- la personne est inconsciente, en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable.
Il est possible de se procurer gratuitement la brochure en appelant le 0 825 801 046.
Rappelons qu'en septembre 2003, Marie Humbert avait injecté une dose de barbituriques dans la sonde gastrique qui nourrissait son fils Vincent, victime d'un accident de la route trois ans auparavant, qui tombe alors dans un coma profond. Quelques jours plus tard, c'est le Dr Chaussoy qui débranche le respirateur de Vincent, puis lui injecte une dose de chlorure de potassium, mettant ainsi fin à sa vie. Une information judiciaire visant Marie Humbert et Frédéric Chaussoy avait été ouverte et, le 2 janvier 2006, le procureur a requis un non-lieu général. Le 27 février 2006, cette ordonnance de non lieu a été délivrée par le juge d’instruction Anne Morvant.
*Agée de 52 ans et atteinte d'une tumeur incurable, Chantal Sébire avait demandé à la justice, mercredi 12 mars, la possibilité de "bénéficier d’un suicide médicalement assisté" (cf. Synthèse de presse du 13/03/08). Sa demande avait été refusée par le tribunal de grande instance de Dijon le 17 mars (cf. Synthèse de presse du 18/03/08). 2 jours plus tard, elle était retrouvée morte à son domicile, après avoir absorbé un barbiturique (cf. Synthèse de presse du 20/03/08).
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Alors que la mission d'évaluation de la loi sur la fin de vie vient de procéder à ses premières auditions (cf. Synthèse de presse du 17/04/08), Le Monde revient sur la mauvaise application de la loi Leonetti et ses conséquences. Le quotidien se penche notamment sur le "laisser mourir" autorisé par la loi en vigueur. "Si elle est mal appliquée, cette pratique est potentiellement source de dérives éthiques", souligne le docteur Véronique Fournier, directrice du Centre d'éthique clinique de l'hôpital Cochin (Paris). Si cette disposition facilite la décision dans la quasi-totalité des cas, reste celui des personnes qui ne sont pas en fin de vie et qui ne dépendent que d'une alimentation par sonde, comme ce fut le cas d'Hervé Pierra, en état de coma neurovégétatif (cf. Synthèse de presse du 19/03/08). Parfois, dans ces cas difficiles, les équipes soignantes refusent d'appliquer le "laisser mourir" et, quand elles acceptent d'arrêter l'alimentation et l'hydratation, les mauvaises pratiques sont courantes, "faute de connaissances". L'agonie d'un patient peut donc être longue et violente. Ainsi est-il nécessaire de s'interroger sur la place de l'agonie dans notre société actuelle : autrefois socialisée, l'agonie est aujourd'hui refoulée, alors que 70% des français meurent à l'hôpital. "Faut-il réapprendre à la considérer comme un moment essentiel de la toute fin de vie ?", s'interroge le docteur Fournier. "C'est un vrai sujet : il me semble qu'au travers de la question de l'euthanasie, la société demande aux soignants de sauter ce passage-là en réclamant une mort douce à la médecine". Une clarification de la loi Leonetti semble donc nécessaire car si elle a "explicitement refusé les pratiques euthanasiques, de telles pratiques peuvent avoir lieu sous son couvert", affirme le docteur Fournier. "Un arrêt d'alimentation et d'hydratation peut ainsi être décidé avec pour intention un "faire mourir" plutôt qu'un "laisser mourir"." Par ailleurs, les professionnels de santé réunis par l'Association française d'accompagnement et de soins palliatifs (Sfap) rappelle que "traiter la douleur et soulager la souffrance restent une priorité absolue". Elle souligne qu'aucune tragédie ne peut faire admettre à des médecins ou des infirmières que donner la mort est la solution. En mars 2007, dans le Plaidoyer des professionnels de santé, plus de 6 700 praticiens avaient pris position contre la légalisation du suicide assisté, qui bouleverserait profondément les repères sociétaux et avaient appelé à "une large information et une pédagogie de la loi sur le droit des malades et la fin de vie". [NDLR : Rappelons que l'alimentation et l'hydratation - même artificielles - ne sont pas des traitements mais des soins dus à chacun. Or, la loi Leonetti, en définissant l'alimentation artificielle comme un traitement médical et en reconnaissant au patient la liberté de refuser "tout traitement", introduit donc la possibilité d'interrompre l'alimentation et l'hydratation. Pourtant, "suspendre ou ne pas entreprendre cet acte de nutrition correspond à une attitude clairement euthanasique", expliquait à l'époque Pierre-Olivier Arduin, responsable de la Commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon. En effet, permettre la mort d'une personne par inanition quand on peut lutter contre sa survenue, sans acharnement thérapeutique, revient à accomplir un acte euthanasique.] |
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