MORT SUBITE DU NOURRISSON. UN DÉSÉQUILIBRE de la concentration de cette molécule perturberait le rythme cardiaque.
Principale cause de décès chez les enfants âgés d'un mois à un an, la mort subite du nourrisson donne du fil à retordre aux médecins. Ses causes demeurent inexpliquées. Une étude publiée dans Science ouvre cependant de nouvelles perspectives : la sérotonine aurait son rôle à jouer dans le phénomène.
Certains enfants sont plus vulnérables que d'autres à ce syndrome. Il s'agit par exemple des prématurés, des enfants présentant un faible poids à la naissance et des garçons plutôt que les filles. En d'autres termes, seuls des facteurs sur lesquels il est impossible d'agir. L'idée qu'une déficience en sérotonine puisse être un facteur de risque influençable a toutefois été évoquée dans le passé sans jamais avoir pu être vérifiée. Soucieux de faire le point sur cette supposition, Enrica Audero, du Laboratoire de biologie moléculaire européen à Monterotondo (Italie), s'est intéressé de près à cette molécule.
La sérotonine intervient notamment dans le tronc cérébral. Les neurones à sérotonine communiquent avec les cellules nerveuses de la moelle épinière qui innervent le cœur et les structures impliquées dans la régulation de la température, tel le tissu adipeux brun.
L'équipe italienne a modifié, chez des souris, le système où intervient la sérotonine. Pour ce faire, ils ont provoqué une surproduction d'un récepteur de la sérotonine induisant ainsi une chute de la concentration du neurotransmetteur. In situ, lorsque la sérotonine se lie à un de ces récepteurs, ceux-ci initient un feed-back négatif en réduisant la libération du neurotransmetteur.
« À première vue, les souris chez lesquelles la sérotonine faisait défaut semblaient normales, explique Corneluis Gross, coauteur de l'étude. Mais après quelque temps, elles ont souffert de baisses sporadiques et imprévisibles de la température corporelle et du rythme cardiaque. » Plus de la moitié des souris ont succombé à ces crises au début de leur vie.
Des mécanismes fondamentaux inactivés
Les chercheurs ont également observé que de telles souris placées en chambre froide étaient incapables d'activer le tissu adipeux brun pour que celui-ci produise de la chaleur. Cette incapacité à activer des mécanismes corporels fondamentaux dans certaines conditions peut expliquer pourquoi les souris mouraient soudainement. « Nous espérons que ce modèle de souris aidera a identifier d'autres facteurs de risque de ce syndrome, conclu Enrica Audero. Nous espérons que cette recherche donnera à terme de nouvelles idées aux médecins sur comment diagnostiquer les bébés à risque. »
Commentaires
Pas de commentaire pour cet article
Ajouter un commentaire


