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Mercredi 23 Avril 2008

A titre expérimental et "en toute discrétion", l'Agence de la biomédecine autorise, depuis le mois d'octobre 2006 et ce dans une dizaine de centres de transplantation, le prélèvement d'organes sur cœur arrêté. Cette technique consiste à prélever des organes sur des personnes en état d'arrêt cardiaque, après une réanimation de trente minutes et le constat de l'absence de reprise de battements du cœur durant cinq minutes au moins. Jusqu'alors, les prélèvements d'organes s'effectuaient sur des patients en état de mort encéphale.

Pratiquée aux Etats-Unis notamment, cette technique permet d'augmenter le nombre de donneurs potentiels et donc de pouvoir greffer davantage de demandeurs d'organes. Pour autant, cette initiative "sème le trouble" au sein du corps médical. Certains dénoncent la "course contre la montre" imposée par cette technique, le prélèvement devant être fait 120 minutes maximum après l'arrêt du cœur (contre un ou deux jours après une mort encéphalique avérée). Responsable du groupe de travail à l'espace éthique AP-HP, Marc Guerrier souligne la difficulté de parler de don d'organes à une famille quelques minutes seulement après le constat du décès et celle rencontrée par le personnel qui, d'un côté, fait tout pour réanimer le patient et, de l'autre, constitue un dossier pour un éventuel prélèvement.

Par ailleurs, les professionnels de la réanimation s'inquiètent eux des moyens mis en œuvre pour réanimer les patients. Pour Christophe Prudhomme, porte-parole de l'association française des médecins urgentistes, "la méthode du prélèvement sur cœur arrêté est une bonne technique si l'on dispose de tous les outils pour réanimer la personne". Or, d'après lui, ce n'est pas le cas partout en France : "on en revient au problème de l'inégalité d'accès aux soins".

publié par mery AY dans: Actualité
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