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Mercredi 23 Avril 2008

Alors que la mission d'évaluation de la loi sur la fin de vie vient de procéder à ses premières auditions (cf. Synthèse de presse du 17/04/08), Le Monde revient sur la mauvaise application de la loi Leonetti et ses conséquences. Le quotidien se penche notamment sur le "laisser mourir" autorisé par la loi en vigueur. "Si elle est mal appliquée, cette pratique est potentiellement source de dérives éthiques", souligne le docteur Véronique Fournier, directrice du Centre d'éthique clinique de l'hôpital Cochin (Paris).

Si cette disposition facilite la décision dans la quasi-totalité des cas, reste celui des personnes qui ne sont pas en fin de vie et qui ne dépendent que d'une alimentation par sonde, comme ce fut le cas d'Hervé Pierra, en état de coma neurovégétatif (cf. Synthèse de presse du 19/03/08). Parfois, dans ces cas difficiles, les équipes soignantes refusent d'appliquer le "laisser mourir" et, quand elles acceptent d'arrêter l'alimentation et l'hydratation, les mauvaises pratiques sont courantes, "faute de connaissances".

L'agonie d'un patient peut donc être longue et violente. Ainsi est-il nécessaire de s'interroger sur la place de l'agonie dans notre société actuelle : autrefois socialisée, l'agonie est aujourd'hui refoulée, alors que 70% des français meurent à l'hôpital. "Faut-il réapprendre à la considérer comme un moment essentiel de la toute fin de vie ?", s'interroge le docteur Fournier. "C'est un vrai sujet : il me semble qu'au travers de la question de l'euthanasie, la société demande aux soignants de sauter ce passage-là en réclamant une mort douce à la médecine".

Une clarification de la loi Leonetti semble donc nécessaire car si elle a "explicitement refusé les pratiques euthanasiques, de telles pratiques peuvent avoir lieu sous son couvert", affirme le docteur Fournier. "Un arrêt d'alimentation et d'hydratation peut ainsi être décidé avec pour intention un "faire mourir" plutôt qu'un "laisser mourir"."

Par ailleurs, les professionnels de santé réunis par l'Association française d'accompagnement et de soins palliatifs (Sfap) rappelle que "traiter la douleur et soulager la souffrance restent une priorité absolue". Elle souligne qu'aucune tragédie ne peut faire admettre à des médecins ou des infirmières que donner la mort est la solution. En mars 2007, dans le Plaidoyer des professionnels de santé, plus de 6 700 praticiens avaient pris position contre la légalisation du suicide assisté, qui bouleverserait profondément les repères sociétaux et avaient appelé à "une large information et une pédagogie de la loi sur le droit des malades et la fin de vie".

[NDLR : Rappelons que l'alimentation et l'hydratation - même artificielles - ne sont pas des traitements mais des soins dus à chacun. Or, la loi Leonetti, en définissant l'alimentation artificielle comme un traitement médical et en reconnaissant au patient la liberté de refuser "tout traitement", introduit donc la possibilité d'interrompre l'alimentation et l'hydratation. Pourtant, "suspendre ou ne pas entreprendre cet acte de nutrition correspond à une attitude clairement euthanasique", expliquait à l'époque Pierre-Olivier Arduin, responsable de la Commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon. En effet, permettre la mort d'une personne par inanition quand on peut lutter contre sa survenue, sans acharnement thérapeutique, revient à accomplir un acte euthanasique.]

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publié par mery AY publié dans : Actualité
Mercredi 23 Avril 2008
Le Quotidien du Médecin revient sur les "effroyables soupçons" qui pèsent sur la Chine et le Kosovo en matière de trafic d'organes. Outre le triste record du monde d'exécutions pratiquées (470 en 2007), la Chine détient un autre record : celui du trafic d'organes. Selon Amnesty International, des spécialistes chinois de la transplantation d'organes estiment que les organes des victimes des exécutions ont représenté, en 2006, 99% des transplantations. L'association dénonce ainsi le "commerce" né de la marchandisation des soins de Santé chinois et craint que ce "commerce", associé à la corruption, "ne constituent un argument économique en faveur du maintien de la peine de mort".

Quant au Kosovo, le quotidien rappelle que, selon Carla Del Ponte, ex-procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), des leaders albanais du Kosovo, dont l'actuel premier ministre Hashim Thaçi, seraient impliqués dans un trafic d'organes prélevés sur des prisonniers (cf. Synthèse de presse du 15/04/08). En 1999, 300 prisonniers serbes et autres ressortissants slaves auraient ainsi été déplacés en Albanie pour y être enfermés et finalement tués après que leurs organes aient été prélevés.

Le TPIY n'aurait, de son côté, pas découvert de preuves de l'existence de ce trafic d'organes.

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Mercredi 23 Avril 2008
Une équipe du réseau américain de recherche néonatale du National Institute of Child Health and Human Development (NICHD) a identifié quatre facteurs supplémentaires afin de mieux estimer la probabilité de survie et de handicap pour accompagner la décision de réanimation des très grands prématurés (nés avant 27 semaines d'aménorrhée). Il s'agit du sexe féminin, de l'exposition à la corticothérapie anténatale, de la naissance unique et du poids de naissance. Selon l'étude menée par cette équipe du NICHD, chacun de ces facteurs est associé à des bénéfices similaires à ceux d'une semaine de plus d'âge gestationnel.

"La plupart des unités de réanimation néonatale fondent leurs décisions thérapeutiques principalement sur l'âge gestationnel. Nous avons constaté qu'il est beaucoup plus juste d'estimer la probabilité du décès ou de handicap sur la base de la combinaison de cinq facteurs, plutôt que sur l'âge gestationnel seulement", explique le Dr Rosemary Higgins, co-signatare de l'étude. Un outil a été mis en place sur www.nih.gov/neonatalestimates afin d'aider les médecins et les familles à "prendre la meilleure décision thérapeutique possible".

Rappelons que, jusqu'à aujourd'hui, dans la plupart des cas, les enfants nés au cours de la 25ème semaine de grossesse étaient presque systématiquement réanimés ; ceux nés entre la 23ème et 24ème pouvaient être réanimés, avec le consentement des parents et ceux nés au cours de la 22ème semaine bénéficiaient plutôt de soins de confort.

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Mercredi 23 Avril 2008
Le généticien Axel Kahn était auditionné hier à l'Assemblée nationale par la mission Leonetti, chargée d'évaluer l'actuelle loi sur la fin de vie (cf. Synthèse de presse du 04/04/08). D'après lui, la disposition actuelle permettant de donner un traitement qui peut avoir pour effet secondaire d'abréger la vie est nécessaire ; la souffrance physique et/ou morale devant être soulagée. Il a ensuite dénoncé l'idée "simpliste" selon laquelle "le suicide assisté serait l'expression d'une ultime liberté" et a rappelé que "la proximité de la mort n'est jamais une condition suffisante pour abréger la vie".

Reconnaissant que dans quelques cas "rarissimes" la demande d'euthanasie persiste une fois la souffrance soulagée, il se dit néanmoins convaincu que des solutions existent, autre que la légalisation du suicide assisté. "L'interdiction de tuer est une très bonne disposition et ne mérite pas qu'on y introduise des exceptions", a-t-il insisté. Mais, selon lui, dans certains cas exceptionnels où une personne demandant à mourir serait entendue, "il faudrait considérer que cette mort donnée dans la solidarité est une transgression, exigeant donc une procédure, mais sans acharnement juridique". Autrement dit, Axel Kahn plaide, pour ces cas, en faveur de l'instauration d'une "clause de non lieu".

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Mercredi 23 Avril 2008
L'Institut des données de Santé (IDS), mis en place en 2006 pour faciliter le partage des données notamment, installe son comité d'experts, présidé par le Pr Didier Sicard. Ce comité sera consulté sur les sujets suivants : épidémiologie, statistique, économie de la santé, éthique et médical.

Les onze autres membres sont : Annick Alperovitch (directrice d'unité INSERM), Philippe Cunéo (secrétaire général du Conseil national de l'information statistique), Gérard de Pouvourville (professeur au département Management de la santé à l'ESSEC), Pierre-Yves Geoffard (directeur de recherche au CNRS), Marcel Goldberg (professeur à l'INSERM), Claude Le Pen (professeur d'économie à la faculté Paris-Dauphine), Pierre Lombrail (directeur du PIMESP, laboratoire de santé publique et d'épidémiologie), René Padieu (président de la commission de déontologie de la société française de statistiques à l'INSEE), Catherine Quantin (professeur spécialiste des questions d'anonymisation des données), Roxane Silberman (chercheur en sciences économiques et sociales) et Françoise Weber (directrice générale de l'Institut de veille sanitaire).

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