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Jean-Marie Le Méné a été auditionné mercredi 3 juin par les députés de la
mission parlementaire d’information sur la révision des lois de bioéthique (http://www.assemblee-nationale.fr/13/commissions/bioethique/bioethique-20090603-1.asp). Il a axé son intervention sur deux points : la recherche sur l’embryon ; le diagnostique prénatal et la dérive eugéniste.
Concernant la recherche sur l’embryon, un des deux sujets envisagés par le premier forum des Etats-Généraux de la bioéthique à Marseille, Jean-Marie Le Méné a souligné que l’Agence de Biomédecine a autorisé la quasi-totalité des projets de recherche sur l’embryon qui lui ont été présentés. Ce faisant, elle a dérogé aux deux exigences qui accompagnaient le moratoire sur la recherche sur l’embryon : l’exigence de progrès thérapeutique majeur, et l’absence de méthode alternative d’efficacité comparable notamment en raison des récents progrès de la recherche sur les cellules iPS, « car non seulement cette méthode présente des critères d’efficacité, mais encore cette méthode n’est pas d’une efficacité comparable à la recherche sur l’embryon, elle lui est supérieure dans la mesure où- précisément – elle est capable de se passer des recherches sur l’embryon. »
En matière d’eugénisme, et alors que le Conseil d’Etat s’en est inquiété dans son rapport du 6 mai dernier, Jean-Marie Le Méné a invité les députés à briser l’engrenage. Le Conseil d’Etat reconnaissait en effet que l’eugénisme pouvait être « le fruit d’une politique délibérément menée par un Etat », mais également « le résultat collectif d’une somme de décisions individuelles convergentes. »Il ajoutait qu’en France, 92 % des cas de trisomie 21 sont détectés, au terme d’un enchaînement méthodique et généralisé d’examens et d’analyses de dépistage. 96 % de ces cas donnent lieu à des interruptions « médicales » de grossesse. A noter que dans son rapport, le Conseil d’Etat appuie de manière paradoxale les recommandations de la Haute Autorité de santé qui encourage des pratiques de dépistage plus précoces (entre 11 et 13 semaines d’aménorrhée) que celles actuellement effectuées (entre 15 et 18 semaines d’aménorrhée).
Or une telle mesure pourrait bien marquer un pas important dans l’intensification de la démarche eugénique. En effet, à un stade aussi précoce, le dépistage ne pourrait se faire que par le moyen d’une biopsie du trophoblaste, dont les risques de fausses- couches sont plus importants que pour l’amniocentèse. Ce dépistage précoce inquiétera plus tôt les femmes et les engagera à prendre une décision rapide diminuant leur temps de réflexion. Il leur ouvrira également la possibilité d’une IVG, en raison des délais.
La systématisation et les progrès croissants en matière de dépistage deviennent enfin un obstacle majeur à la recherche thérapeutique : « pour chaque euro donné au dépistage, il faut donner un euro à la recherche dans une perspective thérapeutique », a préconisé le président de la Fondation Jérôme Lejeune.
Par meriama A .Y
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Libération consacre aujourd’hui un dossier à la légalisation des mères porteuses, sujet âprement débattu des Etats-Généraux de la bioéthique. Alors que la GPA (Gestation Pour Autrui) est encore interdite par la loi française, les différents auteurs de ce dossier militent tant pour la légalisation de la GPA, que pour la suppression des deux principes fondamentaux régissant les dons d’éléments du corps humain impliqués dans cette technique : le principe de gratuité et le principe d’anonymat.
De manière générale, les interdits liés à la GPA sont, pour Pierrette Fleutiaux et Anne- Marie Garat (écrivaines), uniquement de nature morale ou religieuse. Aucun des arguments avancés ne tient donc pour ces passionnées de la GPA : la mère porteuse ne lèse personne, ni elle-même, ni les autres. Son acte mériterait au contraire l’estime et les honneurs de la société. Objecte-t-on que son ventre est instrumentalisé ? Pas plus qu’une autre grossesse, la véritable aliénation étant celle des grossesses non volontaires. Quant à la marchandisation du corps, c’est bien dans le cas où la femme ne serait pas rémunérée qu’il y aurait là aliénation véritable : la rémunération et l’attention médicale sont la condition mêmes du volontariat des femmes. En ce qui concerne l’enfant enfin, cette technique ne le priverait en rien tant il est vrai que la génitalité ne fait pas la parentalité. Bref : l’ensemble de l’argumentation se fonde sur un principe général : "Tout ce qui alourdit le plateau de souffrance est à proscrire, tout ce qui l’allège est légitime et à encourager. Et n’excluons pas que, dans ce pacte mutuellement consenti, il puisse entrer de la fraternité, une denrée rare."
Véronique Fournier, directrice du centre d’éthique de l’hôpital Cochin, estime quant à elle que "toute maternité a un prix", celui du risque qui est pris par la femme qui veut donner la vie. Prendre ce risque pour quelqu’un d’autre n’est pas éthiquement acceptable, sauf s’il existe une raison supérieure : celle de la solidarité et de l’amour. Pour cette raison, Véronique Fournier souhaite que la GPA puisse se faire dans le cadre d’une proximité affective de la donneuse avec le couple demandeur. Remettant en cause les analyses des psychologues et psychanalystes qui s’inquiètent des risques qu’occasionnerait la perte des repères de la filiation pour l’équilibre psycho- affectif de l’enfant, Véronique Fournier note au contraire que l’enfant a aujourd’hui l’habitude d’évoluer dans une structure familiale comptant bien plus de deux parents : "Les enfants semblent survivre plutôt assez bien aux décompositions et recompositions familiales. Ils savent évoluer entre plusieurs adultes, trois, quatre, qui comptent affectivement pour eux, chacun différemment et sans confusion des rôles. Alors que le modèle social de la famille est depuis quelque temps en pleine évolution, voire révolution, pourquoi ne garder comme référence conceptuelle que la plus traditionnelle ? Avoir été conçu grâce à l’aide d’une amie, sœur, cousine proche qui n’est pas sa mère, mais qui fait partie de l’histoire familiale et affective serait-il vraiment beaucoup plus perturbant pour un enfant ?" Une telle reconnaissance affective et sociale de la mère porteuse serait la vraie rémunération de la prise de risque que représente la grossesse.
Au nom de la solidarité avec les couples infertiles, un certain nombre de personnalités appellent donc à la "légalisation de la gestation pour autrui en France afin que cette forme de lutte contre l’infertilité utérine des femmes soit pratiquée dans le respect de la dignité de chacun(e) et dans une perspective de responsabilité éthique". Au nombre de ces personnalités : Elisabeth Badinter, Noël Mamère, Israël Nizand, Jacques Milliez, …
Libération (Pierrette Fleutiaux, Anne-Marie Garat, Véronique Fournier, Dominique et Sylvie Mennesson) 09/06/09
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Les pratiques d’assistance médicale à la procréation se trouvent confrontées au manque de dons d’ovocytes. En France, en 2006, 200 femmes ont fait un don, alors que 400 couples en avaient besoin.
Une clinique espagnole spécialisée dans les fécondations artificielles, se félicite dans une lettre adressée à des centres privés, d’avoir résolu le problème: "Grâce au succès de notre programme, nous n’avons pas de liste d’attente pour les ovocytes. Nous offrons aujourd’hui à nos partenaires internationaux des cycles de dons d’œufs pour 6000 euros (…) Nous offrons un paiement de 500 euros aux cliniques nous adressant des patients."
Le Professeur René Frydman, un moment favorable à l’indemnisation des donneuses, s’avoue aujourd’hui inquiet : "Devant les pratiques douteuses dans d’autres pays, le risque d’entrer dans un engrenage qui aboutisse à rémunérer le corps humain me paraît de plus en plus réel." Pour le Docteur Jean-Marie Kunstmann, directeur du CECOS de l’hôpital Cochin à Paris, "il faut que la société s’implique beaucoup plus. Ce n’est pas un don simple. Il faut faire fonctionner la solidarité et s’en donner les moyens."
Libération (Eric Favereau) 09/06/09
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Dans une tribune de La Croix, Jean-Marie Le Méné revient sur les réactions des grandes religions lors du rapport du Conseil d’Etat en mai dernier. Il souligne combien la position adoptée y est irrecevable, à la fois sur le plan logique, mais aussi et surtout au niveau éthique (cf. Synthèse de presse Gènéthique du lundi 8 juin 2009).
Rappelant les incohérences du Conseil d’Etat, comme les écarts permanents, reconnus et acceptés de l’Agence de Biomédecine vis-à-vis de la loi, Jean-Marie Le Méné affirme que les religions ne peuvent s’accommoder d’une réflexion bioéthique plus soucieuse d’enregistrer les demandes de la technoscience et de l’ultralibéralisme que de sa mission réelle de protection des plus fragiles.
Voir le texte en ligne de la tribune de Jean-Marie Le Méné dans La Croix du 09/06/09
La Croix (Jean-Marie Le Méné) 09/06/09
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Des scientifiques chinois seraient parvenus à créer des cellules iPS de porc à partir de cellules somatiques. C'est la première fois que l'on parvient à réaliser cette transformation chez un mammifère ongulé, l'espèce à laquelle appartient le porc.
Cette première pourrait ouvrir la voie à la création de modèles pour étudier des maladies génétiques humaines, de porcs génétiquement modifiés pour des transplantations d'organes aux humains et de porcs résistants à des pathologies comme la grippe porcine.
Le Quotidien du Médecin (Dr Béatrice Vuaille) 04/06/09
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